L'anorexie est une maladie qui touche de nombreux adolescents : 1% de la population adolescente en France, 2 500 nouveaux cas par ans, tous âges confondus ! Mais elle est
souvent repérée tardivement, lorsque le corps en a déjà subit les concéquences. Ce n'est qu'à ce moment là que l'anorexique accède aux soins. La raison de la lenteur de prise de conscience est
simple : si les signes de la maladie sont présents ils sont masqués. Lorsque l'on voit une anorexique en phase avancée, le "spectacle" peut faire peur. Pourtant au début de sa maladie,
l'anorexique a l'air d'aller mieux que jamais. Pour un regard averti, c'est une adolescente mince, brillante, gaie, manifestant une certaine ind"pendance, voire une grande maturité... trompeuse !
Qui imaginerait que l'affaire va mal tourner ? Les signe se manifestent sur le plan de son comportement, qui change.
Une experte de l'alimentation :
L'anorexique est devenue une spécialiste de la nourriture. Elle connait la composition de chaque aliment, le nombre de calories qu'il apporte, s'informe et se pationne
pour tout ce qui conserne l'alimentation : elle lit des magazines sur la santé et le bien-être, organise des sorties dans des magasins de diététique ou de biologie. C'est sa nouvelle passion !
Elle devient trés sélective sur le plan de la nourriture et commence à éliminer certains ingrédients de son régime alimentaire : elle se débarasse d'abord de toutes les composantes grasses
(viande, huile, beurre...), puis elle sacrifie les sucre (pâtisseries, crèmes...). Elle s'oriente vers une alimentation qu'elle estime de plus en plus saineet, surtout, qui ne fait pas grossir.
Parfois la selection alimentaire peu aboutir à un produit unique : elle devient par exemple, la reine de la tomate ! Puis c'est de pis en pis : elle trie les aliments en fonction de théories
qu'elle se fabrique elle-même. Elle pense par exemple que les aliment cuits font plus grossir, ce qui n'est bien sûr fondé sur aucune réalité physiologique. Elle décide alors de ne manger que des
aliments crus et des produits laitiers.
Plus c'est léger, mieux elle se sent. Elle peut parfois être prise d'une véritable phobie de la graisse : l'huile l'a dégoute tellement qu'elle lui donne envie de vomir.
Toucher un aliment avec de la matière grasse deviant une souillure, devient impossible.
L'anorexie, sortir du tunnel, Hydrogène, Rébecca SHANKLAND
L'anorexie mentale restrictive :
Se sont généralement des jeunes filles entre 13 et 25 ans. D'une maigreur inquiètante, elle refuse de manger à table, ou si peu. Elle ne maigrit pas pour séduire, elle
s'isole, se rétracte. Elle n'a plus de vie sociale, de petit ami. L'anorexique n'a plus qu'un seule projet, qu'elle tait soigneusement : elle veut perdre du poids pour exister, pour être
différente, pour être remarquée. Elle n'a plus qu'une seule amie, a qui elle est totalement dévouée ; c'est son amie l'araignée qui va tisser sa toile, l'anorexie.
L'hyperactivité physique au sortir de table, pour promener le chien par exemple, c'est l'araignée, le pain jetté sous la table, l'incistance pour débarrasser la table et
ainsi ne plus manger ou recracheret ce besoin de faire manger les autres, c'est l'araignée aussi. Le travail qu'elle invoque tout le temps, toujours l'araignée. Au fil des semaines, la jeune
fille se rigidifie, elle mange de moins en moins, elle panique pour un kilo pris, même à 44 kg ou moins ; elle se pèse de plus en plus souvent : deux, trois, voire six fois par jous ! Tout
s'embrouille dans sa tête. Elle s'acharne sur les calories, compte, compte et recompte. Elle a un visage terne, émacié, triste, sans expression. Elle fuit toute émotion, toute rencontre, toute
nouveauté. Sa peau est grise, un fin duvet recouvre sa peau comme l'ultime tentative pour la protèger du froid. Elle n'est pas mince, elle est dénutrie. Alors le froid vient et envahit tout.
Bientôt, elle ne se souviendra même plus ce qu'est la chaleur.
L'anorexie-boulimie :
Elle touche également la jeune fille. Celle-ci est un peu moins maigre, mais à peine moins. Et surtout, elle vomit. Elle maigrit alors qu'elle semble manger à table. Elle
va souvent au toilettes (pour vomir) : pendant le repas, juste après. Elle cherche des "stratégies" pour le faire ou pour jetter la nourriture : à table, c'est toujours elle qui se lève pour
courir répondre au téléphone, pour aller chercher quelque chose dans la cuisine. Et comme l'anorexique restrictive, elle souffre de dénutrition.
Un fait frappe lorsqu'on y prend garde. Elle a la figure un peu enflée, un peu soufflée. Sous le lobe des oreilles, les glandes parotides sont gonflés. Sous la machoire,
les autres glandes salivaire aussi. Elle a parfois des oedèmes que les médecins n'expliquent pas. Tous ces signes sont en rapport avec les vomissements et les crises de boulimie.
Anorexie, boulimie et autres troubles du
comportement alimentaire, Daniel RIGAUD