Qu'est-ce-que la pro-anorexie ?

Publié le par Duddies

   

     L'anorexie considérée comme une maladie a depuis peu rejoint une catégorie un peu particulière qui est celle de la mode "pro-anorexique" appelé plus fréquemment le "mouvement pro-ana".

 

Question de définition

 

     Depuis peu le mouvement dit "pro-ana" prend de plus en plus de proportion de par les réactions qu'il suscite chez les adolescents mais aussi dans le corps médical et surtout par son envolé médiatique. Les Pro-anas sont généralement des filles qui disent choisir et vouloir être/ressembler à des anorexiques. Bien plus qu'une simple mode, c'est un véritable phénomène de société qui a ses codes, ses rituels et ...ses adeptes. Elles arborent les signes distinctifs qui permettent de les faire se connaitre auprès de leur communauté : bracelet rouge, blogs de soutient et bien sûr maigreur de rigueur. Un seul mot d'ordre : n'écouter qu'Ana car elle seule peut nous comprendre car elle seule sait que la maigreur est belle.

     Sur un autre blog, une jeune fille disait que le mouvement pro-ana était pour elle tout à fait autre chose : "je suis devenue pro-ana non pas pour maigrir mais parce que j'ai été anorexique et que n'arrivant pas à guérir et à l'éliminer de ma vie, je décide de vivre avec". Ici, il s'agit donc d'une transition, d'un choix de rester avec la maladie (car l'anorexie y est considérer comme telle). Petit bémol, ce qu'elle présente comme un choix de vivre avec, est pour moi, une obligation : tu n'as pas "choisi" de devenir "Pro-ana", tu as choisi de ne pas continuer à te battre, c'est tout à fait différent. Je ne t'en blâme pas, je sais que le combat est dur !

     Mais la plupart de celles qui se disent Pro-ana, disent avoir choisi ce "style de vie", comme on choisi de devenir "punk", "gothique", ou de rester "normal".

     De plus en plus leur blogs fleurissent et sont de plus en plus pourchasser. Accuser de faire entrer de "pauvres fille" dans la dépression et de les conduire vers la mort, des prétendus "défenseurs de l'humanité" dénoncent ses carnets de bord et de soutient pour les faire fermer. Maintenant la première chose que l'on peut lire lorsque l'on ouvre ces pages web c'est : "Ce site n'incite pas à devenir pro-ana et à suivre les conseils qui y sont donnés, les mineurs sont priés de quitter cette page, les "anti-proanas sont invités à passer leur chemin et ne pas écrire d'insultes". En effet, ces blogs fond l'objet d'insultes et de quolibets qui ne font pas avancer l'affaire mais qui a l'air de bien amuser leur auteur ! Je me retiens d'en dire de même sur leur compte après tout ce que l'on a pu me dire ! Passons ! Maintenant ces carnets de bords et de soutient que l'on pouvait trouver en tapant dans n'importe quel moteur de recherche "pro-ana" sont cachés aux yeux des profanes. La ruse est de mise, il faut d'autres mots-clefs. "Pro-ana" ne donne à choisir que des forums où l'on parle du mouvement, des sites "anti-proanas" qui ont à mes yeux autant de valeur qu'un répertoire d'injures innombrables et inimaginables s'étendant sur une surface record !

Une phase Thinspiration ?

     J'ai été anorexique, cela est indéniable, je ne pence pas être totalement guérie, loin de là, j'ai encore mes petits  TCAs ! Mais je me suis demandée si moi aussi je n'est pas été une "proana". Je m'explique. Lorsque l'anorexie s'installe, il y a un dénis de la maladie car elle part à la base d'un régime inoffensif, d'une légère restriction pour devenir un régime draconnien et une restriction totale ....mais petit à petit, sans que l'on s'en rende compte, ce qui nous fait penser que c'est toujours nous qui maîtrisons la chose. Au dépard, je pense que toutes les anorexiques sont fières de leur amaigrissement, des compliments de leur entourage, du nouveau regard qu'elle porte sur elle même. Enfin pouvoir regarder "la Redoute" sans "redouter" les corps languissants présentant les maillots de la collection printemps-été ! Comme ça a l'air plus facile de voire a vie en rose quand on n'est pas sans cesse en train de se demander si les garçons qui ricanent à votre approche le font parce que votre jean vous boudine, que les filles ne sourient pas parce qu'elles se moquent d'une braguette prettent à explosée, ou encore quand dans un magasin de vêtements aprés la "Neme" tentative  pour fermer un pantalon pourtant taille 38/40, votre mère ne peut s'empêcher de dire que "décidément rien ne te vas" et de sourir "ça doit tailler petit !". Dans c'et moment là deux choses : l'envie de dire un mot au frabriquant pour qu'il arrête de faire des vêtements sur des "Barbies" et l'impression que quand votre mère fait ces constatations elle a un mégaphone au lieu de cordes vocales !
     Mais maintenant que l'on est mince plus de honte, on a l'impression de pouvoir tout affronter. C'est un véritable enivrement, comme une drogue dont l'effet s'arrête si l'on mange ce qui est désormais interdit.
      
      Ces moments de jeûnes sont de véritables trances. En effet, le corps, lorsqu'il endure certaines conditions sécrète de l'endorphine également appelée "molécule du boheur". Elle a la particularité de diminuer les douleurs et même de les transformer en sensations agréables. C'est pour cela qu'au bout d'un certain temps les joogueurs ne souffrent plus de leur course et en éprouve même un grand plaisir au point qu'il ne peuvent plus s'en passer, même s'il pleut. Ainsi le début de l'anorexie mentale malgré le fait qu'il est ignoré est comparable à de la pro-anorexie : on montre les résultats de son régimes avec des petits hauts, on prend soins de son corps, on se maquille, tout est fait pour dire "regardez-moi, je suis devenue quelqu'un d'autre !"

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Publié dans Pro-anorexie

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