Les complication de l'anorexie
Les complications dues aux TCAs sont parfois graves et relèvent de l’hospitalisation. Malgré une diminution des décès, la dénutrition, la perte des règles, la déminéralisation et autres problèmes subsistent.
Les décès
La gravité de l’état des malades d’anorexie conduit malheureusement parfois à la mort. Il n’y a encore pas si longtemps, les services hospitaliers psychiatrique rapportaient qu’environ 10% des patients pris en charge décédaient après dix à quinze ans d’évolution. Ceci n’est heureusement plus le cas grâce à la prise en compte de l’état nutritionnel des malades. Dans les statistiques actuelles, il est rapporté que sur 487 malades d’anorexie restrictive ou d’anorexie boulimie suivie plus de huit ans, il y eu 7 morts (1,4%) : deux étaient anorexiques restrictives et sont mortes de dénutrition grave et les cinq autres étaient des anorexiques boulimiques qui se sont suicidées. Seule une approche nutritionnelle permet de faire diminuer ces taux.
Complications de l’anorexie restrictive et boulimique
Les complications les plus évidentes sont dues à la dénutrition et aux vomissements répétés. En effet, ceux-ci provoquent en plus d’une forte déshydratation et déminéralisation, une chute du taux de potassium (hypokaliémie), or c’est ce potassium qui permet les contractions musculaires dont celle du cœur. Nombre d’anorexiques ne meurent pas de la dénutrition même mais à la suite d’une crise cardiaque. D’autre part, les vomissements font remonter les acides gastriques qui brûlent l’eusophage, provoquent des hémorragies digestives, des ruptures d’estomac et des altérations du transit intestinal.
La dénutrition est sensiblement plus élevée chez l’anorexique restrictive que chez l’anorexique boulimique mais toutes deux souffrent d’une forte perte musculaire et d’ostéoporose. L’ostéoporose est une déminéralisation osseuse liée à la dénutrition et aux carences alimentaires (énergie, calcium, vitamine D,…) et également à la perte des règles. En effet, le corps, pour limiter les pertes d’énergie superflues met le cycle menstruel dans une sorte de « veille » en ne libérant plus d’œstrogène. Or, c’est cette hormone qui permet au calcium de se fixer sur les os. Avec l’ostéoporose, le risque de fracture est considérablement augmenté touchant notamment la colonne vertébrale (tassement osseux) ou encore les hanches (fracture du col du fémur). La perte des règles entraine inévitablement une infertilité même si elle n’empêche pas de tomber enceinte. L’anorexie restrictive compte ainsi une mortalité de 1 à 2% contre 3 à 5% pour les anorexiques boulimiques