Miroirs
Depuis bien avant ma maladie, me regarder dans un miroir m’a toujours dérangé. A chaque fois je retrouve cet désagréable impression d’avoir an face de moi la copie grossière de ce que je suis, plutôt la triste réalité de ce que je suis alors que mes aspiration sont plus au dessus. Je ne sais pas si je ma fais bien comprendre. C’est que depuis quelques jours, je réfléchie (tient, comme un miroir !) à toute cette symbolique et aux croyances qui tourne autour de cet objet qui existent depuis l’Antiquité. En effet, en Egypte ou encore en Grèce antique, on polissait les métaux jusqu’à avoir une surface réfléchissante.
Le miroir ne fut pas seulement utilisé par ces Dames, on y voit tout une symbolique comme c’est le cas avec le bouclier de Persée grâce auquel la Gorgone se pétrifia elle-même. Mais n’est ce pas la le paradoxe du miroir ? Alors que nous l’utilisons tous les jours pour se voir tel que nous sommes, force est de constater que jamais notre image ne nous satisfait. Toujours un défaut, un je ne sais quoi qui gâche l’ensemble. Et si le miroir ne nous montrait pas la réalité mais notre vision de la réalité transplanté dans notre quotidien ? Le miroir ne nous montre t-il pas que ce que l’on veut voir ? Les anorexiques ne souffriraient pas de dysmorphophobie sinon !
Le miroir traître à l’origine des désastres et de la mort. « Miroir mon beau miroir, qui est la plus belle ce soir » malgré sa grande beauté, une Blanche Neige a prit la place de la reine. Malgré votre beauté, les filles qui se mirent à vos côtés devant les lavabos des toilettes sont toujours plus belles. Mais la recherches de la beauté, du reflet parfait ne peut être assouvit, ce n’est qu’une illusion mortelle où les Narcisses dépérissent devant la beauté d’une onde. La Fontaine a bien compris qu’il ne sert a rien de croire se que les yeux ne font qu’apercevoir, au risque de lâcher sa proie pour son ombre. Je pense que le miroir n’est que notre représentation de la réalité, mais une réalité réductrice car dans un miroir ce que l’on regarde, c’est nous ! Alors évidemment les défauts sautent aux yeux et nous accablent. Le petit bouton sur le nez devient un véritable volcan, l’appareil dentaire n’a jamais été aussi voyant, le jean n’a jamais été si « boudinant », en bref, on est toujours un peu « trop » moche que ce à quoi on s’attendait. Et oui, on s’attend à ne pas être bien, pourquoi ? Par modestie, pour ne pas être déçus, que sais-je ! Le miroir nous fait se focaliser sur nous, pas de vision de l’ensemble du corps mais disproportions des défauts que plus on cache mieux on les voit. La psyché n’a jamais aussi bien porté son nom : elle endors notre conscience de la réalité et nous fait sombrer dans le monde de la difformité.
Miroir du malheur, le briser est sacrilège et libère les esprits mauvais, nous aspire de l’autre côté, celui de la mort et de la désolation. La légende venue des Etats Unis raconte que si l’on dit 13 fois Bloody Mary dans une salle de bain obscure, le visage de la morte mutilée nous apparaîtra. Et si l’on répète 3 fois Hell Mary c’est Satan lui-même qui se déplace !
Me regarder dans un miroir est pour moi une épreuve, cela paraît stupide, mais j’en ai assez de voir l’image de cette personne que je déteste, cette fille qui fout tout en l’air, qui bousille les années de sacrifices de ses parents, qui prend les gens pour des imbéciles, cette fille que je hais pour sa laideur, dont le corps au proportions gigantesques me font honte, je veux la martyriser, la briser, la faire fondre comme neige au soleil pour essayer de trouver sous les pétales fripées du coquelicot le petit cœur cerclé de rouge où palpite la vie et la possible perfection. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme, moi j’aimerais me voir avec les yeux des autres pour savoir qui je suis. La seule Tiffany que je connaisse est celle que j’ai appris à détester, celle qui n’est pas ce qu’elle aurait du être pour sa mère, son père. Maintenant que mon cerveau a « enregistré » ces paramètres, la bande vidéo défile dans ma psyché avec arrêt sur image sur des défauts que je me créer et qui se mélangent aux véritables.
J’attends le jour où une personne autre que la maladie me dira que : « tu comptes pour elle car les défauts son tient et que sans eux se ne serais pas toi, donc je ne t’aimerais pas ». Pour l’instant le coquelicot garde la tête courbé à l’ombre des jeunes filles en fleurs.