Un mal moderne

Publié le par Duddies

      Maladie médiatiques, l'anorexie mentale et la boulimie créent régulièrement l'événement sur les plateaux de télévision, dans la presse grand public et les émission radiophoniques à caractère médical.
     Dans l'hebdomadaire Elle du 26 novembre 2001, à la rubrique "Elle infos-ebdo", on pouvait lire ceci
: "
Huit millions d'Américaines souffrent de désordres alimentaires, des milliers de jeunes femmes meurent chaque année et, encore plus grave, l'âge des anorexiques ne cesse de baisser... Or, on sait que des sites Internet d'un goût douteux vantent les charmes de l'extrême maigreur. Voici que le plus célébre d'entre eux, "Les annas" (diminutif pour anorexiques), lance une vaste campagne de communication afin de "doubler le nombre d'anorexiques déjà existant". Son but ? Répandre l'idée que l'anorexie n'est pas une maladie, mais un choix de vie."
    
Parmi les conduites addictives qui débutent à l'adolescence, l'anorexie mentale peut s'interpréter comme une rebellion contre les abbération d'un système familiale et social. Par son ascétisme, la jeune fille dénonce une manière d'être au monde caractèristique de son milieu social souvent favorisé, encadré et protégé ; un monde où les préoccupations essentielles des autres jeunes filles de son âge portent sur ce que l'anorexique considère comme futil car axé sur le corps, dans un rapport à l'objet consommable consommé à outrance : bouffe, mode, vêtements de marque, pubs, reality shows, ect.
     La boulimie qui associe souvent des conduites de vomissement, n'est pas trés éloignée de l'anorexie mentale. Elle constitue une évolution fréquente de ce trouble des conduites alimentaires et, de ce point de vue, s'inscrit comme un échec du refus de ces jeunes filles de consommer. Car "la minceur est devenue [...] synonyme non seulement de beauté mais de réussite sociale, [...] de maîtrise de son corps et donc de soi-même... L'idéologie du "self-control" exprime une des valeur les plus profonde de la culture américaine, à la racine de tout succès ou de toute reconnaissance sociale. Autrement dit, par la maitrise du corps dont la minceur est une preuve visible... L'indice de maigreur relaye l'indice de moralité. Les mauvais sont les gros, les bons sont les minces*".

*Annes Guillemot et Michel Laxenaire, Anorexie mentale et boulimie : le poids de la culture, Masson, 2000, 2e édition, pp.56-57

Comprendre l'anorexie, V DODIN et M-L TESTART, Seuil,2004
  

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