L’alimentation : un apprentissage
L’alimentation chez l’homme comme dans toute espèce animale est apprise. C’est, par exemple, en observant sa mère que le louveteau saura comment chasser, c’est parce que sa mère n’a jamais mangé d’if que le poulain sait qu’il ne faut pas en manger. Chez nous, c’est un peu la même chose. Les parents et plus largement notre société nous a inculqué un « savoir » alimentaire que nous respectons qu’il s’agisse de l’heure de passer à table, de l’ordre dans lequel est servi les aliments, et pas seulement lorsque l’on a faim.
A la bonne heure, le bon appétit !
Dans l’acte de manger, l’homme a chassé tout le naturel ! Le repas est une sorte de rituel codifié par notre religion, par exemple. Mais même avant cela, ce que nous mangeons (cuit ou cru), dans sa préparation (assaisonné, salé, poivré), sa présentation (haut en couleur, avec une forme particulière) relève d’une modification du simple besoin en s’appuyant aussi bien sur les conduites familiales que sur notre expérience personnelle. C’est avec la répétition des repas que l’on apprend se qui nous rassasie, ce que l’on aime et ce qui ne nous convient pas. Nous y apprenons également à avoir faim à une certaine heure et pas à d’autre. Pourtant à l’origine, la faim n’est ni préréglée ni immuable. On constate que notre organisme possède une souplesse en ce qui concerne notre comportement alimentaire qui est adaptable au lieu d’être figé par des besoins nutritionnels complexes. Or les personnes atteintes de TCAs ont perdu cette souplesse.
Origine des pratiques alimentaires
Comme je l’aie dis, l’entourage et notamment la famille a un rôle dans notre conduite alimentaire comme pour le choix des nourritures sans qu’il soit juste. Croyez vous que les basketteurs sont grands parce qu’ils ont mangé beaucoup de soupe ou mon humeur massacrante est due à un manque de carottes ? Il existe beaucoup de croyances autour des aliments qui influent sur nos choix, qui sont aussi fausses que lorsque l’on évoque une quelquonque hérédité pour affirmer que l’on n’aime pas les œufs (« C’est de famille !). Toutefois, il y a la fameuse exception qui confirme la règle. Il arrive que l’on dise que les personnes de couleur n’aiment pas le lait. En réalité c’est que beaucoup de personne, issues d’Afrique noire par exemple, manquent d’une enzyme digestive qui sépare en deux les sucres du lait (appelé le lactose) et permet son assimilation par l’intestin. L’ingestion de lait provoque alors des diarrhées. C’est pourquoi ces populations rejettent les laitages.
Les facteurs individuels
Bien évidemment, l’alimentation est aussi une affaire de choix personnel (heureusement pour mon entourage qui sont en horreur devant MES choux de Bruxelles !). La mémoire joue ici un rôle fondamental puisque c’est d’après le souvenir de nos repas précédents que nous choisirons ce que l’on prendra au suivant. Si un vomissement survient après la prise d’un nouvel aliment, le choix est catégorique : plus jamais de ça ! Au contraire si on y a pris plaisir, l’expérience sera renouvelée et le sera d’autant plus si elle est fortement positive. L’autre facteur important est celui de son investissement dans la nourriture. Un organisme en restriction développe ses capteurs de faim qui sont d’autant plus efficaces que le manque est grand. Toutes les cellules du corps envoient le message au cerveau qui déclenchera le « plan d’urgence » : tout est focalisé sur le manque. Ainsi si une boulimique vomi et saute des repas, elle augmente de façon exponentielle ses risques de faire des crises. Le seul moyen pour sortir de ce cercle vicieux est de faire des repas « normaux ».
Les facteurs génétiques
Il met arriver au cours d’une attente au guichet, d’entendre des personnes se moquer de quelqu’un de « gros » parce qu’il mangeait des biscuits. Mais il faut aussi se dire que la génétique a une part de responsabilité dans la gestion de notre organisme qui va influer sur le choix de notre alimentation. Prenons l’exemple le plus révélateur, celui de la tolérance à l’alcool. Quand « A » boit de l’alcool, son corps va le transformer rapidement en une substance qui le rendra moins anxieux, tandis que « B » le transformera en un dérivé qui lui provoquera des brûlures gastriques. C’est le capital génétique qui fait que l’un supporte bien l’alcool et l’autre non. C’est aussi cela qui fait tendre « A » vers un alcoolisme possible. Maintenant si « C », qui a un capital enzymique intermédiaire boit, il aura mal à la tête mais pourra s’il le désire boire (pour faire la fête et être mieux accepté, par exemple), car c’est un comportement qui est valorisé.
Il en va de même avec l’alimentaire. Alors que certaines personnes brûlent par nature plus de calories, d’autres vont être plus économes. Ainsi les premières vont être valorisées par leur minceur malgré la quantité qu’elles mangent, tandis que les autres vont se morfondre avec leur feuille de salade ! Avec un ami à moi, on forme à peu prés ce couple : Je le regarde manger et il me regarde prendre les kilos à sa place !