La base de notre alimentation : les nutriments
Manger c’est couvrir nos besoins énergétiques mais aussi assurer le bon fonctionnement et le renouvellement des cellules de notre organisme, en apportant les substances chimiques dont il a besoin et qu’il ne sait pas fabriquer. C’est la base physiologique de la nutrition.
Mais, pourquoi mange-t-on ?
La réponse paraît pourtant évidente : parce que l’on a faim ! Mais en réalité, ce n’est pas si simple que ça. Pour expliquer la raison de la faim, il suffit de faire une petite comparaison : lorsque notre réservoir est vide (estomac), un voyant s’allume (la faim) pour nous prévenir qu’il faut remettre du carburant (aliments). A votre avis, quelles sont les chances pour que la voiture continue de rouler une fois que la réserve qui nous permet de faire les quelques kilomètres qui nous sépare de la station service, est épuisée ? La faim, s’est tout simplement « l’annonce » que notre corps n’a plus la quantité suffisante de sucre pour « fonctionner ». Tout le monde connait cette sensation de creux du côté de l’estomac après un effort, ou encore cette envie terrible de boire quand il fait chaud. Ca c’était pour le côté « évident » de l’affaire ! Mais il est clair que la nourriture n’est pas qu’une affaire de « remplissage » de réservoir. Imaginez un peu si le monde était réduit à se nourrir de pilules nutritives ! Tristes, les repas de Noël ! Et oui, l’alimentation à aussi un rôle social et affectif, car les repas ont leur importance aussi bien pour ce qu’il y a autour que pour ce qu’il y a dessus. Le moment des repas sont des instants où l’on se retrouve en famille, entre amis ou collègues et même avec des …inconnus avec qui on sympathisera. C’est à cette occasion que l’on tissera et renforcera les liens avec notre entourage et notre environnement. Pour Marx, le travail était certes aliénant mais aussi humanisant. N’en est-il pas de même avec l’alimentation ? Nous DEVONS manger (et ça, c’est pas une mauvaise nouvelle !) mais au contraire des animaux qui le font tout la journée, de la même façon et de manière « animale », nous avons instauré des codes de conduite, des rituels, des manières de se comporter en présence de nourriture et un ordre. Le repas (chez nous Français, sauf rares exception) c’est entrée, plat, fromage ou dessert (ou les deux). Pas de réel mélange entre le sucré et le salé. Utilisation de couverts dont le maintient est lui aussi réglementé ainsi que leur sont attribués un usage spécifique. Assiette ronde au centre, fourchette à sa gauche, couteau à sa droite, petite cuiller entre l’assiette et le verre. On mange en position assise, si possible sans coudes sur la table (ça c’est dur !), bien en face de son assiette. Manger oui, mais à une certaine heure, sinon c’est du « grignotage », sinon c’est de la « gourmandise » (bien malin fut « l’inventeur » de l’apéro !). Toute notre relation à la nourriture a été « humanisée », s’est élever au rang d’acte maîtrisé tandis que les animaux ne font que répondre à un besoin. En tant qu’anorexique, la suppression de ces codes m’a peu à peu « déshumanisée », de l’assiette, je suis passée au bol et à la petite cuiller, du solide au liquide, changé les heures des repas quand ils n’étaient pas tout bonnement évincés, ne m’autorisais qu’un produit unique la pomme et le thé au lait, avant de me coucher, en récompense d’avoir jeûné le reste de la journée (on ne récompense que les animaux avec de la nourriture dont ils ont besoin pour vivre !)
Ainsi, ce que nous demandons aux aliments est bien plus que de répondre aux exigences de notre organisme, même s’il est incontestable que c’est là leur rôle premier. En effet, si l’on revient à nos pilules nutritives, sachez qu’il faudrait en prendre énormément. Sachant qu’une pilule contient moins d’un gramme de produit sec et que notre corps à besoin de 400 grammes de nutriments par jour, combien de « pilules du bonheur » faudrait-il avaler ?
(Plus de 400 ! J’espère que vous avez un grand verre d’eau !)
Mais un autre fait reste troublant : comment notre organisme connait-il nos besoins en vitamine C, en fer, en calcium,… Et bien, il n’en sait rien ! En pratique le corps régule les ingesta (ce que nous absorbons) en fonction d’éventuels déficits ou excès. Ainsi je pense ne pas me tromper si je dis que tout le monde a connu cette désagréable régulation d’excès de chocolat à la période de Noël et de Pâques, dont notre foie à trouver une façon plutôt « expéditive » de régler le problème ! Il n’en reste pas moins que l’organisme vivant régule, et avec beaucoup de précision, ses apports énergétiques. La preuve en est qu’il sait optimiser le rendement de ce que nous mangeons car plus de 90% est absorbé par l’intestin alors que moins de 2% est utilisé pour le travail de digestion.
Les besoins énergétiques
Pour parler de nos besoins énergétiques, nous pouvons continuer à utiliser notre figure de styles ! En effet, à chaque instant de notre vie, nous dépensons de l’énergie en brûlant des calories pour faire fonctionner notre organisme. Ce n’est pas que pour se déplacer mais aussi transmettre des informations internes, renouveler nos cellules,… C’est un peu comme une banque ! Au départ, il a fallu la construire, ce qui a coûté de l’argent. Mais maintenant il s’agit de l’entretenir et de la faire fonctionner. Eau, électricité, ordinateurs, papiers, employés, tout doit être pris en charge ! Et demande de l’énergie pour que chaque tâches puisse être accomplies : travail mécanique (marcher mais aussi contraction de la vessie et de l’estomac), travail électrique (influx nerveux), travail chimique (transformation des substances en d’autres), travail thermique (maintient de la température corporel). Toute cette énergie dont notre corps a besoin et qu’il ne sait pas fabriquer, celui-ci la trouve dans les aliments sous forme de macronutriments, comme la banque qui vit de l’argent qu’on lui donne. En gros, ce sont les muscles et les vicaires (cerveau, foie, poumons, reins, tube digestif, rate,…) qui en consomment le plus. De même, un sujet adulte de 70 kg, allongé 24H sur 24 sur un lit, sans bouger et ne faisant rien, consomme environ 1 500 calories par jour ! Rajoutons que contrairement à la croyance, quand on dort, on travail également (enfin notre corps !) : notre foie transforme les nutriments, nos cellules se renouvellent, notre tube digestif fonctionne et bien entendu, le cerveau pas plus que le cœur ne prennent leur RTT !
Entretenir la vie n’est pas anodin et se révèle cher car nous portons prés de 200 milliards de cellules, bien plus que la population de la planète !